Amélie Beduer

Réparer les cerveaux

Lauréate 2011 de la prestigieuse bourse internationale Pour les Femmes et la Science, attribuée par L’Oréal, l’Unesco et l’Académie des Sciences, Amélie Beduer, ingénieur Génie Physique, a fait le pari audacieux d’associer les micro et les nanotechnologies à la neurochirurgie.

Durant son doctorat au LAAS-CNRS, Amélie a travaillé à la mise au point d’un matériau non toxique à partir de nano et de microstructures, permettant de régénérer et d’organiser des réseaux de neurones qui se sont détruits. « Un des objectifs est de les orienter afin qu’ils se reconnectent plus facilement au tissu sain environnant », explique-t-elle.

L’enjeu des bioprothèses cérébrales est considérable. Chaque année, l’AVC est la première cause de handicap acquis chez l’adulte. Pour les patients les plus atteints, le processus de récupération des facultés par plasticité cérébrale naturelle se révèle souvent insuffisant.

« Ces recherches ont été très motivantes ; elles peuvent déboucher sur une amélioration de la vie de milliers d’individus et, sur le plan scientifique, elles font collaborer des nano-physiciens, tels que moi, avec des biologistes et des médecins. Ce travail, à la confluence des disciplines, a été fort enrichissant », observe Amélie. À la suite de son baccalauréat, c’est pour sa filière en Génie Physique qu’elle avait choisi de postuler à l’INSA Toulouse. « Mais en 1re année d’études, je m’étais frottée à d’autres enseignements et cette formation pluridisciplinaire m’est utile au quotidien », affirme-t-elle.

Musique-études

La jeune femme est surtout reconnaissante à l’école de lui avoir fait découvrir l’univers de la recherche. « Nos enseignants nous ont amenés tout naturellement à nous intéresser à leurs travaux. Dès ma 4ème année, j’ai mené un projet en binôme sur l’auto-organisation des nanoparticules. J’ai su que j’avais trouvé ma voie », dit-elle, nostalgique de cette période d’études stimulante.

« L’INSA Toulouse, ce sont cinq années formidables. Grâce à la section Musique-Études, j’ai pu continuer la clarinette, jouer dans des groupes et donner des concerts. J’ai habité sur le campus et c’était une grande chance. Aujourd’hui, je poursuis mes recherches en Suisse, à Lausanne et Genève. Je mène mes recherches toujours dans le domaine de l’ingénierie tissulaire, appliquée pour la chirurgie réparatrice. J’ai la chance de mener une équipe internationale et de pouvoir collaborer avec des chirurgiens reconnus dans leur spécialité. »