Benjamin BRULLON

Pour Benjamin Brullon, « l’expertise et la spécialisation ont de la valeur, elles sont la garantie d’un savoir-faire et d’un métier précis ». Plutôt que de proposer de l’ingénierie généraliste, un secteur très concurrentiel avec de gros acteurs, Manergy – l’entreprise dont il est directeur général depuis 2020 – s’est positionnée comme experte en énergie, sur des problématiques de transition énergétique et décarbonation.

C’était au départ un bureau d’études (Sermet, devenu Manergy), composé de six personnes, où il avait postulé à la fin de son cursus à l’INSA Rouen Normandie, après sa 5e année effectuée en Angleterre (à Cranfield University). « Le patron de l’époque – actuellement président et associé majoritaire – et la taille modeste de la structure m’ont plu, j’y suis entré et jamais parti ! »

La valeur de l’expertise technique


Benjamin Brullon a pris part au développement de l’entreprise, en tant qu’associé, dans un contexte de forte croissance pouvant atteindre 20 % par an.

En 2022, la crise énergétique a généré un surplus d’activité et l’entreprise a beaucoup embauché. Même si la croissance s’est tassée en raison de l’instabilité politique qui a suivi et le retard pris par la loi de programmation des finances publiques, elle reste à un niveau très honorable de 8 %.

Des aléas externes qui confortent le dirigeant dans le choix de l’expertise technique : « Le conseil et l’audit énergie, pour lesquels une expertise légère suffit, sont les premiers sujets dont les clients se passent en cas de restriction budgétaire s’il n’y a pas de projet derrière. » Benjamin Brullon ajoute un autre argument, tout aussi convaincant :

« Ces missions basées sur l’analyse sur de la manipulation de données seront, à terme, faisable par l’intelligence artificielle. »

Aux jeunes ingénieurs, il conseille donc de s’orienter dans la conception et la maitrise d’œuvre, les sujets technique complexe, « des compétences à forte valeur ».

D’ingénieur à manager


Après son diplôme d’ingénieur de l’INSA Rouen Normandie, doublé d’un master de Cranfield University, Benjamin Brullon a fait toute sa carrière dans la même entreprise.

« Quand on a la liberté de pouvoir faire évoluer son poste, son métier, son entreprise… pas la peine d’aller voir ailleurs ! »

D’autant qu’il a l’esprit entrepreneurial : de l’Île-de-France, Manergy s’est développée en régions et a étendu son champ d’action du secteur public aux industries. Les équipes s’étoffant, Benjamin Brullon s’est formé au management, à raison d’une demi-journée par mois. Mais aussi à la finance d’entreprise : « J’observe que les nouvelles recrues ont parfois du mal à parler en termes financiers. Même s’il y a des cours de gestion à l’INSA, la finalité n’est pas totalement perçue quand on est étudiant. »

Supervision et lobbying


Désormais entouré de professionnels des ressources humaines, du commerce et de la finance, le DG « n’exécute plus le métier d’ingénieur, il le supervise ». Internationaliser l’entreprise le motive : « Après des premiers succès commerciaux à l’échelle européenne, nous étudions le rachat d’une petite structure en Europe de l’Est. »

Pour le siège parisien et la vingtaine d’agences réparties sur le territoire métropolitain, il réfléchit à l’évolution des tendances, mène des actions de lobbying sur la transition énergétique auprès des municipalités, échange avec la direction générale de l’énergie du ministère de la Transition écologique : « L’idée est que Manergy soit leader d’opinion sur nos métiers. » C’est pour lui une évolution logique : quand on est ingénieur chargé d’affaires, on gère ses dossiers, puis une équipe de dix personnes quand on prend la tête d’une filiale régionale… puis on délègue et on supervise. « Tout le monde ne passe pas facilement ce cap, car la maîtrise et le contrôle sont la base de nos métiers d’ingénieurs ! »

De ses années INSA, il retient le côté très humain et une vie de campus très riche, avec ses clubs culturels ou le 4L Trophy. C’est d’ailleurs grâce au réseau des Alumni qu’il avait trouvé son stage de 4e année dans une filiale de Veolia chargé des réseaux de chauffage urbain. Aujourd’hui, à son tour, il embauche régulièrement des diplômés des INSA, qu’il mixe avec d’autres profils : « On connaît bien leurs formations, c’est une valeur sûre, tant sur le plan humain que technique. »

Portrait publié en juin 2026

Zoom sur les spécialités proposées par le Groupe INSA
Le site web du Groupe INSA recense toutes les spécialités proposées par chaque école du Groupe INSA. Au total, ce sont plus de 80 spécialités réparties dans sept grands domaines disciplinaires.