« Après avoir travaillé huit ans comme ingénieur, je me suis rendu compte que ce qui m’intéressait, c’était l’homme, pas la machine ! », confie le cofondateur et CEO de Secure-IC, qui propose des solutions de cybersécurité pour les systèmes embarqués et les objets connectés.
Issu de la promotion 1991 de l’INSA Rennes, l’ingénieur complète alors sa formation par un MBA à Rennes School of Business, avec l’idée d’évoluer vers des fonctions dans la vente et le marketing. « Cela a nourri ma sensibilité aux humanités », se réjouit Hassan Triqui, qui a effectué toute sa carrière dans la technologie et l’innovation, « mais toujours proche du marché ». Comme ce poste dans une entité civile de Thales, rachetée ensuite par Thomson, où il était chargé des ventes à l’international. « Ça n’aurait pas été possible sans ma formation d’ingénieur, qui me permet d’avoir un dialogue plus fructueux avec mes interlocuteurs au sujet des technologies. »
Sillonner le monde
Cette ouverture à l’international est l’occasion de sillonner le monde à la découverte d’autres cultures. Une aubaine pour celui qui, étudiant, n’avait pas pu effectuer son stage à l’étranger, n’ayant pas encore la nationalité française ni la carte de séjour nécessaire. Son bac, Hassan Triqui l’a obtenu dans un lycée français au Maroc, d’où il est originaire. Il est arrivé seul en France pour étudier à l’INSA Rennes, où il avait postulé au hasard d’une conversation avec un conseiller d’orientation. Sans aucun regret : « J’en garde le souvenir d’une belle expérience, où les étudiants vivaient en communauté solidaire. On faisait la fête, mais on était aussi sérieux dans le travail ! Sauf une année où je n’ai pas été sérieux… », avoue en souriant celui qui a « épousé une INSA Rennes ».
Côté études, son choix se porte sur la filière génie électrique, qui lui semble « plus variée ». Il décroche son premier emploi avant même d’avoir son diplôme : « J’avais effectué mon stage en région parisienne et j’ai tout de suite été embauché. »
Un CEO sur le terrain
Il a beau gravir les échelons jusqu’au dernier, il reste attaché au terrain. « Exercer sa capacité de persuasion dans différents contextes, je trouve ça fascinant ! Et cela permet de mieux comprendre la finalité des technologies », dit celui qui « en avait marre de manipuler du bit ».
L’entreprenariat a longtemps été un rêve enfoui, à l’affût de la bonne opportunité. Avec son goût prononcé pour convertir une nouvelle technologie en business, il fonde Secure-IC en 2010 avec un cofondateur, bientôt rejoints par trois autres.
Responsable aujourd’hui de 180 salariés – dont un quart sont des femmes – Hassan Triqui aime la vie de dirigeant. « Entreprendre, c’est une école de la résilience. » Il faut faire face à l’inattendu, avec des bonnes surprises et des moins bonnes, et avoir une bonne résistance au stress pour gérer les moments « très difficiles ». Pour ce faire, il s’efforce de toujours voir le verre à moitié plein, d’être combatif. « Il faut savoir se poser, dégager le positif de toute expérience pour pouvoir repartir. »
Aligner les énergies
Dès le départ, la société s’est développée à l’international : « Grand bien nous en a pris, sans quoi elle n’aurait pas survécu », analyse son P.-D.G. La Silicon Valley étant inabordable pour un groupe de jeunes entrepreneurs, Secure-IC s’est d’abord implantée à Singapour et au Japon : « L’Asie était en plein boom, alors que les USA souffraient de la crise des subprimes. »
Après l’ouverture de filiales aux États-Unis, au Maroc, en Belgique et en Chine, Secure-IC rejoint début 2025 le groupe Cadence Design Systems, « l’un des leaders mondiaux du design électronique. On préserve ainsi notre technologie pour devenir un centre d’excellence de la cybersécurité embarquée ». Avec moins de pression côté trésorerie.
Au quotidien, son métier est « d’aligner les énergies » des managers pour que tout fonctionne, en impulsant une vision et en anticipant au maximum les événements. Aux jeunes étudiants et étudiantes en ingénierie inspirés par son parcours, il prodigue ce conseil : « Cultivez-vous ! Et travaillez le savoir-être. » Un atout pour assurer la sécurité de son avenir.
Portrait publié en mars 2026
Le site web du Groupe INSA recense toutes les spécialités proposées par chaque école du Groupe INSA. Au total, ce sont plus de 80 spécialités réparties dans sept grands domaines disciplinaires.