Justine Bonnot Portrait

Depuis adolescente, Justine avait un rêve : devenir pilote de ligne, pour "faire du ciel mon bureau", dit-elle. Après deux années en CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles), elle tente deux fois le concours de l’École Nationale de l’Aviation Civile (ENAC). Sans succès. Elle change alors de cap et rejoint une école d’ingénieur spécialisée en chimie. La greffe ne prend toujours pas. Nous sommes en 2013 quand elle rejoint l’INSA Rennes en troisième année, en filière Électronique et Informatique Industrielle (EII).

Trois ans plus tard, une fois son diplôme d’ingénieure obtenu, elle décide de poursuivre ses études à l’INSA Rennes pour effectuer un doctorat en traitement du signal. "J’étais passionnée par mon sujet, par le fait d’évoluer dans le milieu de la recherche, mais voir certains articles retoqués par les publications de recherche pesaient sur le moral, se souvient Justine. Heureusement, j’ai été soutenue par toute une équipe, dont mon directeur de thèse. C’est cet environnement rassurant et sécurisant qui m’a poussée à continuer".

Numérique responsable


Passionnée par ses travaux de recherche dédiés à l'optimisation de la consommation énergétique des systèmes embarqués, elle ira jusqu’à présenter sa thèse dans le cadre de l’édition 2018 du concours national "Ma Thèse en 180 secondes". Suivront trois années de maturation au sein de l’IETR et de l’INRIA Start-Up Studio à Rennes. De là naîtra son envie de créer sa propre entreprise baptisée Yubik, avant d’être renommée WedoLow en avril 2022.

Fondée dans l’idée de viser un numérique plus responsable et frugal, sa start-up est aujourd’hui un éditeur de logiciels d'aide à la conception d'applications embarquées et hébergées, favorisant l'éco-conception de services numériques.

"C’est en collaborant avec des industriels des secteurs des télécoms, de l’automobile et de l’électronique grand public que j’ai pu démontrer le fantastique potentiel de gains qu’il était possible de générer en consommation d’énergie, en vitesse d’exécution ou en surface de silicium sur des applications logicielles, tout en garantissant la qualité et la performance des équipements et des produits, témoigne Justine. J’ai surtout pu percevoir l’intérêt du marché à disposer d’un outil logiciel permettant d’aider à l’optimisation des applications embarquées."

Ascenseur social


Convaincue qu’ "une nouvelle façon de coder est possible", Justine compte désormais une dizaine de collaborateurs à ses côtés. Portée par son ambition de changer la donne, elle prend du plaisir à exercer ses fonctions de cheffe d’entreprise, un nouveau rôle qu’elle embrasse à merveille, et ce à l’aide des quelques notions acquises d’un module de Design Thinking suivi à l’Institut de Technologie de Rochester (État de New-York) lors de son passage à l’INSA Rennes.

Issue d’une famille modeste, Justine reste convaincue que les sciences peuvent être accessibles à tous. "Il ne faut pas s’arrêter d’y croire, confie-t-elle. Ce n’est pas parce que nos parents ne sont pas ingénieurs qu’on ne peut pas le devenir. Quand on fait de la recherche, on n’a aucune information sur qui vous êtes. Les personnes qui lisent les articles ne connaissent pas votre genre ou votre appartenance sociale. C’est un domaine où on a la possibilité d’être nous-mêmes."

Un domaine dans lequel on peut aisément trouver des soutiens pour monter sa start-up, à condition de s’en donner les moyens. "Le doctorat, ça ne ressemble pas à l’école, poursuit-elle. On a un pied dans le monde du travail, on a un salaire, on est soutenu par une équipe. Aujourd’hui encore, quand j’ai des questions, je vais voir mon directeur de thèse et on en discute ensemble."

Zoom sur les spécialités proposées par le Groupe INSA
Le site web du Groupe INSA recense toutes les spécialités proposées par chaque école du Groupe INSA. Au total, ce sont plus de 80 spécialités réparties dans sept grands domaines disciplinaires.