Lycéen à Auxerre et adepte des maths, Yann Rougemont avait décidé d’intégrer une école d’ingénieurs postbac, « pour garder toutes les portes ouvertes ». À la rentrée 1997, il est accepté dans les deux écoles auxquelles il a postulé : l’INSA Toulouse et l’UTC. Ce sera Toulouse, pour « découvrir une nouvelle région », avec le département GMM (Génie Mathématique et Modélisation) en ligne de mire. Mais durant les premières années de formation, son goût pour les maths s’étiole et il bifurque finalement vers une voie plus généraliste : AEI (Automatique, Électronique, Informatique). Il se spécialise en dernière année en Réseaux & Télécoms avec un objectif : élargir son spectre et ne pas viser un métier trop technique.
Un Enfoiros de la première génération
Lorsqu’on lui demande si son parcours en six ans [au lieu de cinq] est dû à une année de césure, le directeur des opérations d’ALTEN s’esclaffe : « Non, c’est dû à une année de fêtes ! » Mais également à une forte implication dans les activités associatives du campus, en tant que président de l’Amicale des élèves pendant deux ans, membre du conseil d’administration ou encore représentant étudiant auprès de Promologis, qui gère les résidences HLM privées de l’INSA Toulouse. Pas le temps de s’ennuyer !
Yann Rougemont est également un membre de la première génération des Enfoiros de l’INSA, club créé en 2000 par trois élèves ingénieurs pour soutenir les Restos du Cœur de Haute-Garonne. Vingt-six ans plus tard, elle compte plus de 150 membres.
Outre la distribution de repas, l'association récolte des fonds par l’organisation de concerts (sur le modèle des Enfoirés), dont la répétition générale se fait avec des bénéficiaires. « À 20 ans, rencontrer des gens qui vivent dans la rue, ça m’a fait grandir. »
Ces engagements lui révèlent son goût pour le management, le collectif… et c’est grâce à ce projet qu’il rencontre sa future épouse. Quelques années plus tard, c’est lui aussi qui présidera l’organisation des 10 ans des Enfoiros.
Des fonctions commerciales
En 2003, son diplôme d’ingénieur en poche, il est embauché par l’entreprise où il a réalisé son stage de fin d’études, Daydream Sales Force. Cette société de quatre personnes met des équipes techniques à disposition des grandes entreprises. Il y reste quatre ans dans des fonctions commerciales, le temps de créer un spin-off de support informatique pour les petites entreprises.
À la même période, la société de conseil en ingénierie et systèmes d’information technologique ALTEN le démarche. « C’est dans l’ADN du groupe, de recruter en tant que business managers des jeunes ingénieurs, avec 2 à 7 ans d’expérience et une appétence technique et scientifique large », précise Yann Rougemont. Son métier : recruter des consultants, créer et gérer des ingénieurs experts, qui vont ensuite travailler chez des clients, selon la logique des ESN (Entreprise de Services du Numérique, anciennement SSII).
« Embauché comme responsable d’agence, où je gérais une vingtaine de consultants, j’ai vite franchi les différentes étapes pour devenir cadre dirigeant, avec le poste de directeur du département SI Télécom. »
Trois ans plus tard, en 2013, il passe directeur des opérations, supervisant plus de 700 personnes (business managers et leurs consultants), avec toute l’activité télécom de l’Île-de-France. « J’ai un rôle d’intrapreneur : ALTEN a une culture de la croissance organique, j’investis donc dans le développement de centres de profits. »
Direction : le Grand Ouest
En 2020, ce natif de Rennes est muté à Nantes pour reprendre la région Grand Ouest, avec de gros clients de tous secteurs dont Airbus, Naval Group et Thales. Un sacré défi, puisqu’à la sortie du confinement dû à l’épidémie de Covid-19, près de 40 % des consultants des deux agences (à Nantes et à Rennes) n’ont plus de mission. Yann Rougemont redonne du sens à ses équipes afin qu’elles retrouvent des projets.
Fin 2022, nouveau changement de fonction : Yann Rougemont prend les rênes de deux directions transverses (innovation et carrières) et capitalise sur l’expertise historique pour structurer deux nouvelles filières. D’une part, la direction des talents ingénieurs (DTI) : « C’est un programme d’accélération de carrière pour les meilleurs jeunes collaborateurs, avec un mentorat par les pairs, afin de limiter les départs vers les clients et de former le middle management. » D’autre part, la direction des compétences et des practices (DCP) : « Il s’agit de la mise d’une filière de spécialistes, permettant la mutualisation des experts du groupe et leur mobilisation en avant-vente et sur projets critiques. »
Un autre rôle lui tient à cœur : celui d’ambassadeur des relations entre ALTEN et l’INSA Toulouse. « C’est normal de rendre un peu ce qu’on nous a donné », justifie Yann Rougemont. En l’occurrence, « des valeurs humanistes, qui m’ont permis d’évoluer, presque de me réorienter ». Aux futurs ingénieurs, il conseille de prendre le temps d’affiner leur projet professionnel et de participer à la vie associative : « Cela permet de s’ouvrir l’esprit, d’écouter les gens, d’avoir de l’empathie… De l’expérience humaine qui ne s’apprend pas dans les livres ! »
Portrait publié en mai 2026
Le site web du Groupe INSA recense toutes les spécialités proposées par chaque école du Groupe INSA. Au total, ce sont plus de 80 spécialités réparties dans sept grands domaines disciplinaires.